jeudi 12 mars 2009

[Hiver 480] Le roi est mort, vive le roi !

Fin janvier 480

Depuis l'automne ils chevauchent et guerroient contre l'envahisseur saxon. Le prince Uther et ses troupes ont remporté une victoire importante dans les plaines de Salisbury peu après le solstice d'hiver, mais ce fut au prix de nombreuses vies. Ils ne sont plus qu'une poignée qui rentrent prendre leurs quartiers d'hiver à Corinium. Là ils retrouveront le roi Aurelius Ambrosius et sa cour. La neige recouvre tout, ils sont transis mais leur but est proche, ils arriveront demain si tout va bien.

Pour ce soir, il faut monter le camp. Ce sera dans une clairière qu'Uther connaît. Les écuyers sont envoyés chercher de quoi nourrir la troupe, Camedes part à la chasse. Las, la forêt de Campacorentin semble avoir été désertée par le gibier lorsqu'il remarque une brume épaisse qui s'élève. Peu après c'est une horde de Saxons qu'il repère. Les ennemis se dirigent tout droit vers le campement d'Uther et de ses hommes. Au repos et désarmés, c'est le massacre assuré s'ils ne sont pas prévenus. Ni une ni deux, l'écuyer file à toutes jambes, il s'agit de gagner les barbares de vitesse.

Prévenus, les chevaliers n'ont que le temps de passer leur haubert et de monter à cheval, l'ennemi est là. C'est une mêlée confuse, chacun luttant pour sa vie. Camedes ne fait pas mentir sa réputation de vaillant et prend une part active aux combats. Après près d'une heure de combats acharnés, les barbares fuient et se perdent dans les bois. C'est l'heure de compter les pertes- heureusement peu nombreuses du côté des bretons- et de brûler les corps des saxons. Enfin, chacun se prépare au repos après cette journée éreintante. Camedes, après avoir déséquiper Sire Brumor de Velilois, son chevalier, décide de veiller et de monter la garde.

Mais les fatigues de la journée ont raison du jeune homme qui s'assoupit. Ses rêves sont confus, quelqu'un semble l'appeler. Bien éveillé, il remonte jusqu'à l'origine de cet appel. Les pierres du ruisseau ont maints secrets à confier dont le moindre n'est pas l'assassinat du Pendragon et l'existence d'un complot visant à exterminer la noblesse du pays. C'est l'oeuvre de l'esprit dérangé d'un druide perverti par sa haine des romains et de leurs descendants, vrais ou supposés. Le rituel aura lieu lors du couronnement du nouveau roi de Logres, sitôt que l'héritier aura atteint Corinium.

Fort de ce savoir inquiétant, l'écuyer brûle de courir au secours d'Uther mais il a payé cher cette connaissance. Pour parler le langage des pierres, il lui a fallu devenir pierre lui-même en buvant l'eau du ruisseau. Il lui faut endurer d'entendre le camp s'éveiller et partir sans pouvoir le prévenir. La journée se passe.

Alors que le soleil a atteint son zénith, un froissement de tissus se fait ouïr. Camedes recouvre l'usage de ses membres pour découvrir un homme qui se présente comme étant Merlin. L'écuyer met au courant le druide de ce qui se trame et de la nécessité pour lui d'arriver au plus vite à Corinium. Pénétré de l'urgence de la situation, le druide enjoint à Camedes de se préparer tandis que lui-même entame le rituel qui va réveiller le Dragon. Environné d'une brume épaisse, chevauchant sur le souffle du Dragon, le jeune homme traverse maintes contrées qui passent comme dans un rêve ne lui laissant que de vagues impressions.

Le jour se couche quand il arrive à Corinium. La presse est grande dans la petite ville fortifiée. Ce jour on couronne un nouveau roi. Le troisième fils du premier Pendragon va désormais présider aux destinées tumultueuses de Logres. Du moins, si la cérémonie va jusqu'à son terme.
Camedes ne peine guère à repérer un groupe d'hommes en armes qui font cercle autour d'un druide en pleine concentration. A genoux devant lui se trouvent des gens en extase vêtus d'une simple chemise blanche. L'écuyer pique des deux et fond sur le groupe qu'il assaille. La rumeur du combat interrompt la cérémonie et attire nombre de vaillants chevaliers qui attaquent les mercenaires. Cela n'a aucun effet sur la détermination du druide fou qui continue à mener son rituel. Un étrange halo rouge l'entoure d'une aura inquiétante. Un chevalier qui avait percé le cordon d'hommes en armes et abattu son épée sur le druide meurt au seul contact de son épée avec cette aura. Aux prises avec un mercenaire particulièrement retors, Camedes s'est rapproché du magicien quand il remarque que l'aura qui l'entourait n'existe plus. Après avoir envoyé son adversaire ad patres il ne lui reste plus qu'à faire de même avec le druide fou en abattant son épée violemment sur celui qui avait entrepris d'assombrir le destin brillant de la Bretagne.

Sitôt l'on accourt, l'on entoure le valeureux jeune homme qui a sauvé le futur roi. Uther lui exprime sa gratitude et lui propose une récompense à la hauteur de son geste: l'adouber lors de la cérémonie du couronnement qui est repoussée au lendemain. De plus, afin que tous reconnaissent la grande place qu'il accorde à la valeur, c'est Camedes qui portera l'épée du roi lors du couronnement.

C'est grande fête à Corinium toute la journée du lendemain. Après la cérémonie solennelle qui voit le trône cesser d'être vacant et un nouveau chevalier jurer fidélité et honneur, ce ne sont que festins, libations et festivités tout le long du jour et de la nuit suivante.